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La science-fiction comme moyen privilégié pour penser l'intelligence artificielle.

  • Photo du rédacteur: Franck Negro
    Franck Negro
  • 17 mars
  • 14 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 mars

 

Dans un article du journal Le Monde du 3 septembre 2022, Élisa Thévenet, rédactrice en chef du magazine Futur, rappelle le rôle qu’a joué la littérature de science-fiction dans la fascination largement partagée aujourd’hui pour des IA possiblement douées de conscience. Ce que rappelle, d’une certaine façon, l’affaire LaMDA, après la publication par un ingénieur de Google, Blake Lemoine, d’échanges qu’il aurait eus avec le robot conversationnel LaMDA (Language Model for Dialogue Applications). Alors qu’il était chargé d’évaluer la perméabilité du programme aux discours de haine et aux propos discriminatoires, voilà que les réponses du chatbot amènent l’ingénieur — licencié depuis — à croire que ce dernier est doué de conscience. On parle "d’effet ELIZA", du nom du chatbot développé par Joseph Weizenbaum en 1966 et conçu pour imiter un psychothérapeute, afin de désigner une tendance consistant à assimiler inconsciemment le comportement d’un ordinateur à celui d’un être humain.

 

Weizenbaum lui-même avait alerté contre la tentation anthropomorphique et le risque d’oublier qu’un algorithme n’a aucune compréhension des signes qu’il manipule. Cette intuition sera théorisée quelques années plus tard par le philosophe américain John Searle, à travers l’expérience de pensée de la "chambre chinoise", exposée dans un article désormais classique intitulé Minds, Brains and Programs (Esprits, cerveaux et programmes), publié en 1980.

 

S’il existe un récit emblématique qui a joué un rôle central dans la fascination que nous avons pour les créatures artificielles douées de capacités cognitives similaires à celles des êtres humains et façonnées à leur image, c’est bien ce mythe fondateur de l’ère industrielle, écrit par la romancière britannique Mary Shelley (1797-1851), alors qu’elle n’avait même pas vingt ans : Frankenstein ou le Prométhée moderne (1818). Faisant référence au mythe hébraïque du Golem et au destin du personnage de la mythologie grecque Prométhée, le livre de Mary Shelley et le savant Frankenstein qu’elle met en scène cristallisent depuis, selon les termes de l’autrice de l’article déjà cité, "l’angoisse existentielle d’une technique omniprésente." En d’autres termes, la science-fiction n’est pas seulement une distraction, mais peut aussi servir de laboratoire éthique de l’IA, comme le préconise Thierry Ménissier, responsable de la chaire Éthique & IA de l’Institut de philosophie de Grenoble : "On devrait mettre en place des cours de science-fiction obligatoires. La science naît dans l’imaginaire."

 

Rien de tel, ainsi, que la littérature de science-fiction pour appréhender le monde de demain et anticiper les dilemmes éthiques auxquels nous pourrions être confrontés, à condition de ne pas oublier ceux auxquels nous sommes déjà exposés aujourd’hui, rappelle Andréane Sabourin Laflamme, professeure de philosophie et d’éthique de l’IA au collège André-Laurendeau à Montréal (Canada), et coautrice d’un référentiel de compétences pour former à l’éthique de l’intelligence artificielle.

 

La double opposition au fantastique et à la fantasy. – La science-fiction est un genre littéraire et artistique qui occupe en effet une place centrale dans l’imaginaire contemporain. Lorsque l’on cherche à la définir, elle est le plus souvent opposée à la fois au fantastique et à la fantasy. Contrairement au fantastique, qui se caractérise par l’intrusion d’éléments surnaturels et irrationnels dans un cadre réaliste – pensons au roman La Peau de chagrin (1831) de Balzac ou à la nouvelle Le Horla (1886) de Maupassant –, ou à la fantasy, qui crée, elle, de toutes pièces, un cadre où la magie, le merveilleux et des mondes alternatifs avec leurs propres lois surnaturelles sont entièrement inventés – on peut citer Le Seigneur des anneaux (1954-1955) de J.R.R. Tolkien ou Harry Potter (1997) de J.K. Rowling –, la science-fiction, elle, conserve toujours une forme de cohérence rationnelle en définissant des univers imaginaires, certes – et c’est son point commun avec le fantastique et la fantasy –, mais en ancrant toujours ces derniers dans le cadre de connaissances et d’hypothèses scientifiques et techniques qui demeurent plausibles ou envisageables. Elle n’est donc pas seulement un divertissement, mais un instrument critique et spéculatif, qui interroge l’humanité et son futur dans un monde de plus en plus déterminé par les évolutions scientifiques et technologiques.

 

C’est en ce sens qu’il est possible de considérer le principe de projection comme un principe fondamental de génération du récit de science-fiction, que ce dernier prenne la forme d’un roman, d’une nouvelle, d’une bande dessinée ou, dans sa forme actuelle la plus populaire, d’un film. En d’autres termes, elle part du réel connu, de l’état des sciences, des tendances techniques, sociales et culturelles d’une époque donnée, afin d’imaginer ce que notre monde pourrait devenir. La science-fiction constitue en cela un moyen privilégié pour explorer et penser, en imagination, et sur la base de scénarios plausibles, les conséquences économiques, sociales, politiques et environnementales que pourraient avoir nos évolutions scientifiques et technologiques. Si elle ne prétend pas prédire l’avenir de façon exacte à la manière d’un prospectiviste, elle propose néanmoins des "mondes futurs possibles" qui éclairent par contraste notre monde présent, dans une perspective d’anticipation ou de critique. Ainsi, Mary Shelley, qui s’inspire des débuts de l’électricité et des découvertes scientifiques de son époque, imagine, dans son roman Frankenstein (1818), ce qui pourrait arriver si les hommes venaient à créer une entité douée de conscience qui échapperait à leur contrôle. Ou encore George Orwell, qui projette dans 1984 (publié en 1949) les peurs liées aux régimes totalitaires qu’il a connus, pour imaginer un futur dystopique où les citoyens seraient en permanence surveillés, la vérité historique constamment manipulée, et les pensées rigoureusement contrôlées.

 

Les grandes caractéristiques de la science-fiction. – Les premiers éléments que nous venons d’évoquer indiquent assez que la science-fiction n’est pas limitée aux sciences dures : elle peut s’appuyer sur la biologie, la physique ou l’astronomie, mais aussi sur les sciences humaines et sociales, en décrivant par exemple des dystopies politiques ou des sociétés transformées par de nouvelles technologies. Il est ainsi possible d’invoquer quelques caractéristiques fondamentales de la science-fiction :

 

  • L’importance accordée à la science et à la technique : La première caractéristique de la science-fiction est l’importance accordée à la science et à la technique. Les récits reposent sur une invention scientifique (voyage spatial, intelligence artificielle, clonage, manipulations génétiques) ou sur une innovation technologique (réalité virtuelle, cybernétique, armes nouvelles), qui constitue le moteur narratif et thématique de l’histoire. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas un hasard si la science-fiction s’est surtout développée à partir de la première révolution industrielle.

  • Le principe d’extrapolation : La deuxième caractéristique est l’extrapolation. La science-fiction part d’un savoir existant ou d’une hypothèse pour explorer ses conséquences. Ainsi, 1984 de George Orwell extrapole les logiques totalitaires de son époque pour imaginer une société de surveillance totale, tandis que Gattaca anticipe les dérives d’une société fondée sur la génétique.

  • Inventer d’autres mondes : La troisième caractéristique est l’exploration de mondes alternatifs. La science-fiction se déploie en effet dans des espaces qui dépassent le cadre familier : planètes étrangères, univers parallèles, réalités virtuelles. Cette altérité spatiale ou temporelle permet d’interroger, par contraste, notre propre monde.

  • Une dimension philosophique : Une quatrième caractéristique essentielle est la dimension philosophique et critique. La science-fiction pose des questions sur la condition humaine : qu’est-ce que l’identité, la liberté, la conscience ? Quelles limites doit-on poser au progrès technique ? Comment éviter que les innovations deviennent des instruments d’oppression ? Elle est ainsi le miroir des peurs et des espoirs d’une époque.

  • Une ambition artistique et esthétique : Enfin, la science-fiction se caractérise par son hybridité esthétique. Elle peut emprunter au roman policier, au western, à la tragédie ou à l’épopée, tout en intégrant des éléments visuels le plus souvent spectaculaires. Au cinéma, elle s’est imposée comme un genre majeur, capable d’associer réflexion intellectuelle et divertissement populaire.

 

La science-fiction se définit donc comme un genre de l’imaginaire rationnel, qui part du savoir scientifique et technique pour imaginer des mondes possibles. Ses grandes caractéristiques résident dans l’importance accordée à la science, l’extrapolation des connaissances, l’exploration de mondes autres, la dimension critique et philosophique, ainsi que son hybridité esthétique. Bien plus qu’un simple récit d’anticipation, la science-fiction est un outil de réflexion sur l’avenir de l’humanité et sur les choix que nos sociétés doivent faire face aux progrès scientifiques. Elle constitue ainsi un miroir des angoisses et des espoirs du présent, autant qu’un laboratoire d’utopies et de dystopies.

 

Les sous-genres de la science-fiction. – La science-fiction n’est pas un bloc homogène. Elle se décline en une multitude de sous-genres qui reflètent aussi bien l’évolution des préoccupations scientifiques et sociales d’une époque ou d’une culture donnée que la richesse créative des auteurs. Certains de ces sous-genres privilégient la rigueur scientifique (hard SF), d’autres explorent plutôt l’imaginaire politique (utopie, dystopie), tandis que d’autres encore privilégient l’esthétique et le mélange des genres (steampunk, science-fantasy). Comprendre ces sous-genres, c’est se donner les moyens de mieux saisir la diversité de la science-fiction et la manière dont elle dialogue avec l’histoire et la culture.

 

  • ·Anticipation : L’anticipation est l’une des formes les plus anciennes de la science-fiction. Elle consiste à projeter dans un avenir proche les conséquences des évolutions scientifiques, technologiques ou sociales observées dans le présent. Plus qu’un exercice d’imagination lointaine, elle fonctionne comme une mise en garde ou une réflexion prospective. Ainsi, les romans de Jules Verne (Vingt-mille lieues sous les mers ; De la Terre à la Lune, etc.) relèvent de l’anticipation lorsqu’ils imaginent des sous-marins, des voyages dans l’espace ou des innovations technologiques proches des découvertes de son époque. De même, George Orwell avec 1984 ou Aldous Huxley avec Le Meilleur des mondes anticipent les dérives politiques et sociales à partir de tendances déjà perceptibles au XXᵉ siècle : la montée des régimes totalitaires, la surveillance de masse, la manipulation de l’information, la propagande et la suppression des libertés individuelles pour Orwell ; les manipulations génétiques, le bonheur artificiel et la consommation, le conditionnement des masses pour Huxley. etc. Dans ce cadre, l’anticipation a une double fonction critique : elle permet de penser le futur comme une conséquence logique de nos choix présents ; elle transforme la fiction en outil d’alerte et de réflexion.

  • Cyberpunk : Apparu au début des années 1980, le cyberpunk est fortement lié à l’essor de l’informatique, des technologies numériques, des réseaux, et de la culture des hakers. Il met le plus souvent en scène des univers dystopiques peuplés de mégapoles tentaculaires dominées par des mégacorporations qui contrôlent à la fois le pouvoir économique, politique et technologique. On attribue généralement à William Gibson la paternité de ce sous-genre de la science-fiction avec son roman Neuromancien (1984). On peut citer pour le cinéma, Blade Runner (1982) de Ridley Scott, inspiré d’un roman de Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (1968) ; Akira (1988) de Katsuhiro Õtomo, inspiré du manga du même auteur ; Ghost in the Shell de Mamoru Oshii, également inspiré d’un manga du même non écrit par Masamune Shirow, ou encore Matrix (1999) de Lana et Lilly Wachowski. Les thèmes de prédilection du cyberpunk tourne autour des relations hommes-machines (hybridation, implants cybernétiques), l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle, le piratage informatique et la domination du capitalisme sauvage.

  • Steampunk : Lié au cyberpunk avec lequel il partage un esprit de rébellion et de critique sociale, le steampunk est un sous-genre rétrofuturiste qui imagine des mondes où les technologies futuristes sont mélangées avec des éléments hérités de la révolution industrielle, comme la machine à vapeur. Né de la littérature des années 1980, il mêle donc "passé" et "futur" et s’inspire des œuvres de Jules Verne et de H. G. Wells. C’est donc le contexte technologique - mécanique d’un côté, électronique et numérique de l’autre -, qui différencie avant tout le steampunk du cyberpunk. Des ouvrages comme Vingt mille lieues sous les mers (1870) de Jules Vernes, ou La Machine à explorer le temps (1895), sont des œuvres emblématiques du steampunk.

  • Dystopie : A l’inverse de l’utopie, qui imagine une société idéale - dont le désormais classique Utopia de Thomas More publié en 1516, ou La Cité du Soleil de Tommaso Campanella (1623) -, la dystopie elle, est un récit qui décrit une société future où règnent oppression, surveillance et perte des libertés. On parle également à son sujet de contre-utopie. Les romans 1984 de George Orwell et Le Meilleur des mondes de Huxley sont les deux archétypes de ce sous-genre. On peut également citer Fahrenheit 451 de Ray Bradbury (1953), qui a été adapté au cinéma par François Truffaut en 1966 ; The Handmaid’s Tale de Margaret Atwood (1985), adapté au cinéma par le réalisateur Volker Schlöndorff en 1990, mais également sous la forme d’une série de six saisons qui s’étalent de 2017 à 2025. On peut enfin mentionner l’excellent Black Mirror créé par Charlie Brooker, et lancé pour la première fois eu Royaume-Unis en décembre 2011. Il existe aujourd’hui sept saisons avec un total de trente-trois épisodes.

  • Uchronie : L’uchronie est un sous-genre qui repose sur la réécriture de l’histoire. Elle imagine des mondes où un événement historique a pris une autre tournure. L’hypothèse est donc son point de départ : "Que ce serait-il passé si… ?". Par exemple, Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick décrit un monde où l’Allemagne nazie a remporté la Seconde Guerre mondiale. C’est donc un outil puissant pour réfléchir aux bifurcations de l’histoire et à la contingence (on non) des événements historiques. Dans son roman La part de l’autre enfin, Eric-Emmanuel Schmitt se demande : "Et si Hitler avait été admis à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne ?" L’ukronie permet ainsi de penser les possibles non réalisés, et de critiquer de façon indirecte, les sociétés contemporaines.

  • Utopie : De L’Utopie (1516) de Thomas More à La Cité du Soleil de Campanella, l’utopie comme sous-genre propose un modèle de perfection sociale. Elle est d’ailleurs le plus souvent considérée comme l’un des ancêtres de la science-fiction. Dans la science-fiction moderne, l’utopie permet d’explorer les aspirations humaines à un monde meilleur, mais aussi de montrer les limites de toute société prétendument parfaite. Dans Demoliton Man (1993), le réalisateur dépeint un futur où la violence aurait été complètement éradiquée. Mais cette façade apparente cache une société aseptisée qui réprimande les libertés individuelles et obligent une parties des habitants à vivre dans la clandestinité. Bienvenue à Gattaca (1997) de Andrew Niccol présente une société futuriste où l’eugénisme est la norme. Cette société sans maladie et ultra-performante, en apparence parfaite, entraîne en réalité une forme de ségrégation où les individus qui sont naturellement conçus, n’ont pas accès aux mêmes opportunités que les individus "génétiquement valides". L’utopie constitue ici un miroir critique qui éclaire à la fois sur les désirs et les dangers d’une organisation sociale parfaite, si bien que dystopie et utopie ne sont finalement que deux manières de décrire une même réalité. 

  • Fiction spéculative : Le terme large, englobe tout à la fois des œuvres appartenant au genre de la science-fiction, de la fantasy, du fantastique, de l’horreur, de l’uchronie, ou encore, du steampunk. Leur point commun : explorer ce qui pourrait arriver (utopie ou dystopie), ou aurait pu se produire (ukronie) dans des réalités alternatives. Elles prennent en quelque sorte pour point de départ une hypothèse, et imaginent des conséquences possibles. Leur point de départ peut être résumé sous les formes des deux questions suivantes : "Que se passerait-il si… ?" Où encore : "Que ce serait-il passé si… ?" Dans Le Maître du Haut Château par exemple, Philip K. Dick imagine un monde dans lequel les puissances de l’Axe auraient gagné la Seconde Guerre mondiale. Dans 22/11/63, Stephen King lui, imagine une autre réalité alternative dans laquelle l’un de ses personnages voyage dans le temps pour tenter d’empêcher l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. A quoi ressemblerait alors la réalité historique d’aujourd’hui ? Dans La servante écarlate de Margaret Atwood, déjà cité, l’auteure imagine qu’un régime totalitaire aurait pris le pouvoir aux États-Unis. Dans La part de l’autre enfin, l’écrivain français Eric-Emmanuel Schmitt explore l’uchronie dans laquelle Hitler aurait été admis à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne.

  • Hard SF : La hard science-fiction est la branche ou sous-genre de la science-fiction qui s’efforce d’intégrer de manière rigoureuse les découvertes et théories scientifiques, en respectant les lois connues de la physique, de l’astronomie, de la chimie, des mathématiques ou de la biologie. Ce qui nécessite de la part de l’auteur des connaissances scientifiques solides. 2001, l’Odyssée de l’espace d’Arthur C. Clarke, adapté en 1968 au cinéma par Stanley Kubrick est l’exemple le plus souvent cité de Hard SF. On peut également citer du même auteur Rendez-vous avec Rama (1973), ou encore, le monumental Fondation (1951) d’Isaac Asimov. Du côté du cinéma, on mentionnera Contact (1997) de Robert Zemeckis, Gattaca (1997) d’Andrew Niccol, Seul sur Mars (2015) de Ridley Scott, et enfin, Interstellar (2014) de Christopher Noland.

  • Soft SF : La soft science-fiction se distingue de la hard SF par son intérêt non plus pour les sciences exactes (physique, biologie, chimie, mathématiques, etc.), mais pour les sciences humaines et sociales (psychologie, sociologie, politique, etc.). Elle s’attache à la psychologie des personnages, aux sociétés futures, aux relations humaines transformées par la technologie. Avec La Main gauche de la nuit (1969) ou Les dépossédés (1969), Ursula K. Le Guin en est une figure majeure. Dans le domaine du cinéma, on citera Her (2013) de Spike Jonze

  • Post-apocalyptique : La science-fiction post-apocalyptique décrit un monde après une catastrophe majeure — nucléaire, écologique, pandémique ou technologique — qui a détruit la civilisation telle que nous la connaissons. On y découvre le plus souvent des survivants qui luttent afin de rebâtir la civilisation perdue, ou plus simplement, de survivre dans un monde dévasté. Dans le domaine de la littérature, on citera La Route (2006) de Cormac McCarthy, adapté au cinéma par John Hillcoat en 2009, ou Je suis une légende (1954) de Richard Matheson, également adapté au cinéma par Francis Lawrence (2007). On mentionnera également le fameux Mad Max 1, sorti en 1979, et surtout, Mad Max 2 sorti en 1981.

  • Science-fantasy : La science-fantasy est un hybride entre la science-fiction et la fantasy. Elle combine des éléments de technologies avancées (voyages spaciaux, etc.) avec des éléments magiques ou mythologiques (force, magie, entité divine, etc.). Le film Star Wars réalisé par George Lucas en 1977, en est l’exemple le plus célèbre. Il combine des voyages spaciaux, des technologies futuristes et une forme de magie au travers du concept de « force » (énergie omniprésente qui lie toutes choses dans l’univers et confère à certains individus des pouvoirs surhumains). La science-fantasy permet d’élargir les possibilités créatives en associant deux logiques différentes, celle de la science et de la technique, et celle du merveilleux. On peut également citer Le Cinquième Élément (1997) de Luc besson, qui mélange science-fiction, voyage spatial et éléments mystiques. Comme ce cinquième élément (les quatre autres étant l’eau, le feu, la terre et l’air) qui incarne la force vitale capable de contrer le mal absolu, puissance cosmique destructrice. C’est en réunissant les cinq éléments, que le héros peut sauver l’humanité.

  • Sci-fi (ou science-fiction populaire) : Le terme sci-fi, parfois employé de manière péjorative, désigne une science-fiction plus commerciale, centrée sur l’action, l’aventure et le spectaculaire. Elle se distingue des œuvres plus littéraires ou philosophiques par sa vocation de divertissement grand public. Le plus souvent blockbusters hollywoodiens, elles se distinguent par une volonté d’accessibilité (un scénario facile à comprendre), de grande diffusion (succès au box-office), l’usage d’effets spéciaux important et visuels visant à étonner le public, et enfin, l’exploration de thèmes universels de l’espace ou des rencontres avec des extraterrestres. E.T. l’Extra-Terrestre (1982) de Steven Spielberg, ou encore Avatar (2009) de James Cameron, sont des exemples célèbres de science-fiction populaire.

  • Space opera : C’est sans doute le sous-genre le plus populaire et le plus emblématique de la science-fiction. Il met en scène des aventures épiques et des conflits dans l’espace, avec batailles interstellaires, empires galactiques, civilisations extraterrestres et quêtes héroïques. Le termes est apparu dans les années 1940, pour trouver son acmé avec la saga Fondation (1951 pour le premier tome) d’Isaac Asimov, adaptée en série télévisée sur Apple TV+ en 2021. Le genre s’est toutefois imposé au cinéma à partir des années 1960-1970 avec Star Wars de George Lucas, et l’adaptation cinématographique du roman de Frank Herbert, Dune (1965), d’abord par David Lynch en 1985, puis John Harrison (2021) et Denis Villeneuve (2023).

  • Super-héros : Le sous-genre des super-héros est d’abord né dans l’univers de la bande dessinée aux États-Unis à la fin des années 1930, pour être ensuite adaptés à d’autres médias, notamment les séries télévisées et surtout le cinéma. Il se concentre sur des personnages dotés de pouvoirs extraordinaires qui utilisent leurs capacités pour lutter contre le mal et protéger la société. On peut citer Superman (1938) de Jerry Siegel et Joe Shuster, Batman (1939) de Bob Kane et Bill Finger, Spiderman (1962) créé par Stan Lee et Steve Ditko, ou encore, Iron Man (1963) de Stan Lee, Larry Lieber, Don Heck et Jack Kirby.

 

Les sous-genres de la science-fiction reflètent la diversité de ses préoccupations et de ses formes. De l’anticipation réaliste à la hard science-fiction rigoureuse, du space opera épique à l’uchronie historique, du cyberpunk technologique à la dystopie politique, chacun explore un aspect particulier de la condition humaine et de son rapport au futur. Loin de se réduire à de simples étiquettes, ces sous-genres dialoguent et se combinent, donnant naissance à des œuvres hybrides. La science-fiction, dans sa richesse et sa pluralité, demeure ainsi un outil critique et créatif pour penser l’avenir, questionner le présent et réinventer sans cesse les possibles de l’humanité. C’est précisément en cela qu’elle constitue un matériau privilégié pour explorer les grandes transformations que les sciences et les techniques sont susceptibles de produire sur les sociétés humaines.

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