Marrk Zuckerberg et la course à la superintelligence.
- Franck Negro

- 30 juil. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 janv.
Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, vient d’annoncer un profit record de 71,5 milliards de dollars (63 milliards d’euros) pour un chiffre d’affaires total de 179 milliards (Le Monde du 31 juillet 2025). À titre de comparaison, des sociétés comme TotalEnergies ou LVMH, dont les profits figurent parmi les plus importants en Europe, n’ont généré, sur la même période, que 16 et 14 milliards respectivement. Rappelons qu’une semaine auparavant, la maison mère de Google, Alphabet, enregistrait également des ventes records, relevant ainsi ses prévisions d’investissement pour l’année, tandis que Microsoft annonçait un chiffre d’affaires supérieur aux attentes, permettant à la société de Redmond de flirter avec les 4 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.
Les profits records annoncés par Zuckerberg seraient principalement dus à trois facteurs essentiels, à savoir : 1) un nombre d’utilisateurs actifs des plateformes du groupe toujours plus élevé (3,48 milliards), 2) des temps d’usage de ces mêmes plateformes en hausse de 5 à 6 %, 3) mais aussi, et surtout, des messages publicitaires toujours plus ciblés et personnalisés grâce à l’usage intensif d’algorithmes d’intelligence artificielle de plus en plus performants.
Ces profits records permettent ainsi au groupe de Mark Zuckerberg d’accélérer ses investissements dans le domaine de l’intelligence artificielle afin d’être le premier à mettre au point ce qui constitue aujourd’hui le Graal de l’ensemble des grandes entreprises high-tech américaines : une superintelligence. Selon les termes mêmes du fondateur de Facebook, cette « IA surpassant l’intelligence humaine en tous points », et rendue accessible à tous, permettrait aux « simples petits humains que nous sommes" de se concentrer, je cite, "sur ce qui compte le plus pour nous dans la vie". Dans une lettre publiée le 30 juillet, Zuckerberg fait ainsi l’éloge "d’une superintelligence personnelle qui nous connaît en profondeur, comprend nos objectifs et peut nous aider à les atteindre". Ce conseiller permanent et superintelligent prendrait la forme d’appareils personnels — comme des lunettes, par exemple — capables de comprendre le contexte dans lequel nous évoluons, de voir tout ce que nous voyons, d’entendre tout ce que nous entendons et d’interagir "avec nous tout au long de la journée", jusqu’à devenir nos principaux dispositifs informatiques. Selon Le Monde, Mark Zuckerberg s’inscrirait ainsi parmi les tenants d’une conception maximaliste de l’IA, largement répandue dans la Silicon Valley, selon laquelle l’intelligence artificielle est appelée à transformer en profondeur nos manières de vivre, de penser et de travailler.
C’est dans ce contexte que le dirigeant de Meta a annoncé son intention d’investir 14 milliards de dollars dans le rachat de 49 % du capital de la start-up Scale AI, tout en recrutant, dans le même temps, son PDG, Alexandr Wang. Zuckerberg aurait également débauché le cofondateur d’OpenAI, Shengjia Zhao. Selon Sam Altman, lui-même engagé dans la course à la superintelligence, Zuckerberg aurait proposé des packages de bienvenue pouvant atteindre 100 millions de dollars à certaines figures majeures de l’intelligence artificielle, notamment dans le but de constituer une nouvelle unité de recherche baptisée Meta Superintelligence Labs. Certains observateurs vont même jusqu’à comparer ce projet au célèbre projet Manhattan, lancé en secret par le gouvernement américain le 13 août 1942 afin de produire la bombe atomique. Rappelons que le premier essai eut lieu le 16 juillet 1945, tandis que les premières bombes atomiques étaient larguées quelques semaines plus tard sur Hiroshima, le 6 août 1945, et sur Nagasaki, le 9 août 1945.
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